INTERVENTION DE DANY RAMBAUD AU CONGRES

Publié le par niala

Chers camarades,


Dany Rambaud, de la Délégation du Gard.

 

J’interviens notamment pour les territoriaux isolés de notre Département, qui nationalement représentent des dizaines de milliers d’agents, syndiqués ou non, et dont on ne parle pas assez quand on aborde les problèmes des grandes collectivités.


Tout d’abord une anecdote, à rajouter aux noms d’oiseaux auxquels la CGT a droit depuis que notre syndicat existe. Dans notre Département, à Alès plus précisément, le Député-Maire UMP traite les Cégétistes de "morpions de la misère". Vu la misère croissante provoquée par les politiques sociales et économiques de son gouvernement, on peut dire que nous avons de beaux jours devant nous... A condition de nous accrocher......à nos vraies valeurs, et que de notre Congrès jaillisse une Maladie Syndicalement Transmissible. Aussi, il nous semble qu’un des axes principaux d’une stratégie offensive répondant à l’attente de nos collègues territoriaux, serait de faire un bilan précis, presque 30 ans après, sur les lois de décentralisation des collectivités locales, avec leur fameuse libre administration des communes. Pas question bien sur de remettre en cause fondamentalement ces avancées, imparfaites et timides souvent, comme la CGT l’a regretté à l’époque. Mais les responsabilités qui ont été données aux élus locaux, sans les moyens importants qui auraient dû aller avec, n’ont pas été suivies des nécessaires conséquences économiques, sociales et salariales auxquelles on pouvait légitiment prétendre. Un exemple, symbolique : un des gros changements à l’époque était le remplacement du contrôle de légalité à priori (les délibérations et arrêtés étaient soumis aux services préfectoraux avant d’être votés ou pris) par le contrôle de légalité à postériori (transmission des dites décisions après qu’elles aient été prises). Qu’en est-il à ce jour : les services préfectoraux subissent comme tous les services publics des cures d’amaigrissement dans leurs effectifs. Du coup, il a fallu peut-être alléger leur tache et, petit à petit, les actes ne sont plus soumis à leur contrôle. Cela a commencé notamment par les arrêtés d’avancement d’échelon, les arrêtés de police du maire, puis maintenant, ce sont les arrêtés d’avancement de grade, etc., etc... Et comme les sous effectifs évoqués précédemment ne peuvent pas tout vérifier ce qui reste de transmissible, on constate tous les jours de graves entorses à notre Statut avec toutes les conséquences conflictuelles sur le déroulement de carrière des agents territoriaux et le fonctionnement de nos collectivités.

Autres exemples :

·   Nos organismes paritaires départementaux qui deviennent de plus en plus des chambres d’enregistrement, dont les avis obligatoires ont du mal à cacher le non respect fréquent des procédures.

·   Nos Centres de Gestion départementaux qui sont au service quasi exclusif des collectivités, mais des élus qui les composent, pas des agents qui y travaillent.

·   Toutes ces dérives ne sont-elles pas, par exemple, une des raisons essentielles des recours par nos collectivités à du personnel précaire, non titulaire, à temps incomplet trop souvent et maintenant inscrits dans le marbre depuis peu, des CDD et des CDI ?

Camarades, il faut réagir et ne pas devenir, comme d’autres Syndicats, des accompagnants des réformes, des partisans du moindre mal. Qui se rappelle de notre revendication, pas si lointaine que ca, des trois 35 : 35 francs le point d’indice, 35 annuités pour la retraite, 35 heures. Où en est-on aujourd’hui ? Quelques années après, la 1ère n’est toujours pas atteinte, la 2ème est oubliée, et les 35 heures ne sont pas respectées (par exemple, les 1 607 heures des personnels annualisés équivalentes à 35h15 hebdomadaires). La CGT s’est toujours démarquée des autres syndicats par ses revendications plus progressistes et ambitieuses de transformations profondes de notre monde du travail, sans concession et en toute réflexion. Nous avons le sentiment désagréable, depuis quelques temps, que les morpions de la misère se laissent parfois un peu décrocher.

Ce Congrès ne doit-il pas nous montrer beaucoup plus inflexibles comme force de propositions afin d’inverser ce processus de libre destruction de notre Statut ?

C’est pourquoi, pour provoquer une réflexion future plus fondamentale sur les textes et les lois de décentralisation qui nous régissent, avec les revendications en découlant et devant l’impossibilité de voter individuellement certaines décisions abordant ces sujets, malgré les autres propositions positives, nous sommes au regret de voter contre la résolution N°1.

Vive la CGT et les Services Publics, pour ce qu’il en reste ! Je vous remercie !

 

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